Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 16:00

"Ladies and gentlemen:                      "Mesdames et Messieurs:

We will be taking off shortly.                 Nous allons bientôt décoller.

 Please fasten your seat belt.              Veuillez attacher votre ceinture.

Thank you."                                            Merci."


      

 

Phrase magique s'il en est! Sésame d'un envol pour d'autres cieux, au dessus des nuages. Mais pour l'entendre dans l'Empire du Milieu, il faut régulièrement s'armer de patience.

 

Le trafic aérien est en effet une source de mécontentement grandissant parmi les usagers toujours plus nombreux à emprunter la voie des airs pour se rendre aux quatre coins de la Chine et d'ailleurs.


Des minutes, des heures voire des jours de retard en raison de congestion aéroportuaire, avec une moyenne de 4 heures de retard selon l'Aviation civile


En cause: la régulation des vols, une régulation assurée par l'Armée de l'Air.


La grande Muette dispose en effet du monopole sur l'Espace aérien chinois. Elle en a toutefois octroyé, dans sa grande bonté, 23% au trafic commercial. Mais cette part n'est plus aujourd'hui suffisante pour absorber l'augmentation croissante des vols domestiques et internationaux, entraînant une saturation des aéroports qui fonctionnent, qui plus est, à flux tendu.


Un flux régulé de manière très aléatoire, en temps réel dans une organisation des plus désorganisées. Une liste des vols prêts au décollage est ainsi établie sans priorité ni logique, et peut aux heures de pointe s'allonger dangereusement, provoquant au moindre petit incident un embouteillage monstre.


Pour éviter de pâtir d'un retard en cascade sur leurs lignes, les compagnies ont trouvé une parade: embarquer les passagers le plus tôt et rapidement possible afin d'être en lice et espérer ainsi décoller à l'heure. 


Une véritable course contre la montre qui n'est pas gage de succès cependant. Car une fois dans l'habitacle, la promesse d'un décollage imminent, certes plus proche que dans le terminal, n'est pas encore assurée. Vous pouvez très bien attendre quelques heures dans votre siège numéroté que les contrôleurs aériens daignent autoriser votre avion à décoller.


Mon record personnel est de 4 heures pour un trajet d'une heure... rien, cependant, en comparaison des 22 heures qu'ont pu passer, en juin dernier, des passagers dans un avion yunnanais avant d'être autorisés à quitter le tarmac. 


Sachez que ce genre de mésaventure n'est absolument pas pris en considération pour un quelconque dédommagement ou remboursement de votre billet ou des frais ayant pu être engagés. Sauf cas extrême. mais même dans ces cas, le montant alloué est réellement dérisoire.


Ainsi bloquée à Kunming pour la nuit après un aller-retour aéroporté rocambolesque du aux conditions météorologiques, j'obtins 100 RMB, l'équivalent, tenez-vous bien, de... 10€ pour trouver une chambre dans les hôtels alentours. Même pas de quoi se payer un petit déjeuner. Pourtant les Chinois empochèrent ladite somme et partirent sans mot dire.


Vous vous en doutez, la frisée n'a pas pu s'en tenir là. Etrangère et habituée aux remboursements SNCF et hébergement d'appoint, je fis constater calmement au steward présent que les 100 RMB étaient insuffisants. Sans broncher l'homme d'équipage me demanda contre toute attente de patienter quelques instants après quoi, il me conduisit devant un bus vide, bien entendu, dans lequel je montais, avec mon acolyte, en direction d'un hôtel réservé et prévu pour ce type de désagrément. Aucun autre passager n'aura bénéficié de ce service existant, ayant payé, en plus de son billet, une chambre plus le taxi aller-retour. Un véritable vol organisé!


Mais les mentalités changent et les usagers fédérés en association, commencent à se saisir de ces questions, émettant des revendications officielles. La dernière en date demandait le remboursement systématique des retards par les compagnies aériennes. Sera-t-elle entendue? Il se pourrait bien.


Car les retards n'ont pas que des conséquences chronologiques, elles induisent une chaîne de retards pouvant impacter l'économie chinoise, et dès que l'on parle business en Chine, les oreilles comme les portes s'ouvrent.


Sous la pression gouvernementale, l'Armée de l'Air semble ainsi encline à libérer des couloirs aériens, ouvrir ses aéroports aux civils, réduire les intervalles entre les avions... Les compagnies aériennes restent sourdes pour le moment mais pourraient bien vite changer d'avis avec le développement concurrentiel des trains express dont les lignes construites à grande vitesse n'ont ni retard ni embouteillage. Preuve de l'engouement qu'elles suscitent déjà, depuis son ouverture en juin dernier, celle reliant Shanghai à Beijing, en quatre heures, ne désemplit pas .


Reste cependant à reconnaître que si la Chine détient des records en terme de retard, elle est aussi un des pays où l'on peut arriver par avion... en avance! Mais pas de deux ou trois minutes, même dix: près d'une heure d'avance sur l'horaire prévu! Pour un trajet de deux heures, ça c'est du vol!


Rien d'extraordinaire pourtant dans son déroulé ou sa destination en l'occurrence Guangzhou 广州 alias Canton. Sauf peut-être dans le fait que j'étais attendue à mon arrivée; attendue et pas par n'importe qui: par un expert de l'envol s'il en est, Monsieur Pan de son prénom Peter!


Mais c'est une autre histoire...

 

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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 16:16

Cela faisait longtemps que je ne m'étais révoltée. Que je n'avais pas poussé un cri, vitupéré, rué dans les brancards.

 

En ce vendredi, c'est permis alors je ne vais pas m'en priver.

 

Qu'a-t-elle donc encore la frisée?

 

La frisée, loin d'être inhospitalière, ouvre volontiers sa porte. Ceci au figuré, d'aucun ne fera l'affront de contester, comme au propre surtout en ces temps de chaleur prononcée. Pourrait-on croire qu'il permet à tout être vivant de s'inviter?

 

Il semblerait.

 

Certains indésirables osent en effet s'introduire dans la demeure de la gente demoiselle sans demander asile ou ne serait-ce qu'une autorisation. La plupart de ces malotrus s'arrangent même pour ne pas être vus, s'immisçant la nuit venue.


 Des importuns, des parasites! Alors voilà au figuré mais surtout au propre, je l'avoue, je le crie, je le dis: j'ai le cafard.

 

En cause, ce dernier entrant sur la liste des colocataires non-désirés:

 

IMG_8751.JPG

 

Un magnifique spécimen de Blattaria de près de 4cm. Tout à fait goûtu après lequel, et pendant toute une soirée, j'ai couru: le voyant passer sous le meuble de la télé, ressortir par la salle de bain, disparaître d'un côté pour réapparaître à l'opposé. Il m'aura presque rendue folle!


J'avais pourtant tout fait pour éviter ce type de désagrément: ayant conditionné toute nourriture dans des boites, nettoyant régulièrement sols et étagères, achetant pièges et répulsifs. Rien n'y aura fait contre ce cancrelat.


Sournois, perfide et qui plus est, rapide, l'animal! Mais pas suffisamment: il n'aura pas résisté à l'arme fatale arrivée en renfort par bombonne aéroportée, un Raid® qui n'aura pourtant duré que quelques secondes mais qui aura mis le dictyoptère plus bas que terre. 


Encore une victoire de canard! Mais pour combien de temps? Faudra-t-il en passer par les plaquettes de moquettes retournées, les nettoyeurs vapeurs, voire les fumigènes comme pour les moustiques dont les attaques cycliques ont égaillé certaines de mes nuits?


Pour ces autres nuisibles, j'avais trouvé la parade: des petits tourbillons noirs à faire brûler, semblables à de l'encens. Je m'agitais ainsi dès le crépusclule baladant ledit insecticide dans mon home sweet home, en haut en bas, à gauche à droite, pour éloigner ces vampires avides, éternels insatisfaits.


Avec la lumière tamisée de mon appartement et mes vêtements amples, une telle incantation m'aurait valu, en d'autres temps et sous d'autres latitudes, le bûcher pour sorcellerie. Mais pas en Chine, où cette danse du moustique n'étonne plus personne, ayant au contraire des milliers voire des millions d'adeptes!


Mais je découvris il y a peu de temps que ledit subterfuge était bien dépassé. Mon enfumage de moustiques cadensé datait de la préhistoire ou plutôt de l'âge de pierre après l'ère de l'écrasement manuel.


La chasse aux moustiques et autres insectes au XXIe est dorénavant technologique:


DSCN6668

 

Une raquette?! C'est cela même, oui! Vous ne voyez pas de rapport? Il est pourtant simple: pas question d'échange avec cette raquette, le premier coup sera aussi le dernier.


Son tamis est en effet parcouru d'un léger courant électrique qui grille tout hexapode passant à proximité avec un crépitement caractéristique, et je l'avoue un brin sadique, quelque peu jouissif.

 

Un moyen d'avoir le cafard et compagnie sans idée noire ni figuration! 

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Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 16:27

En cadence: " Et 1, 2, 3". Allez, on recommence.


Ne vous méprenez pas, l'aérobic n'est pas particulièrement en vogue dans l'Empire du Milieu. Véronique et Davina n'auront pas leur heure de gloire. Mais, il faut l'avouer, le sport en général est une part importante de la vie des Chinois. Pas un endroit où l'on ne s'étire, s'entraîne, s'assouplisse quelque soit le jour et l'heure.

 

Plutôt que de sport, les termes de pratique sportive, ou de maintien du tonus musculaire seraient plus appropriés.


 Ainsi salles de sport proprement dite ou appareils de remise en forme, avant d'être de musculation, sont légion: à Shanghai tout espace vert a des installations sportives plus ou moins fournies mises à la disposition du public:

 

IMG 3630

 

Tout comme d'ailleurs la plupart des immeubles d'habitation. Mon désormais célèbre Shikumen ne déroge pas à la règle possèdant deux drôles de machines qui trônent à l'entrée principale.


 La première est composée d'une simple poulie autour de laquelle est passée une corde avec deux embouts que le sportif tient dans chacune de ses mains. Il doit en principe les tirer alternativement pour faire monter son bras droit puis le gauche dans un mouvement de va et vient. Le but de la manoeuvre reste obscure, tant la résistance de l'engin est proche de zéro. Pour autant, son succès ne se dément pas notamment chez les personnes agées.


La seconde, plus compréhensible, consiste en un promontoire rond qui tourne à 360° et sur lequel l'athlète pose ses pieds tout en se tenant à une barre fixe en face ou derrière lui selon. L'objectif ici est de mettre ses hanches à la perpendiculaire de ses épaules pour muscler ses abdominaux et affiner la taille. Une théorie dont la pratique est parfois bien éloignée. 


Tout au long de la journée,  se succèdent jeunes et moins jeunes sur ces diverses instruments pour quelques minutes de sport, intensif il va s'en dire, occasion s'il en est de papoter entre voisins, de regarder le ballet des piétons, vélos et voitures qui entrent et sortent en permanence de la résidence.


Il est de même dans les parcs et les jardins à ceci près que les installations subissent la sévère concurrence du taishi et autres arts martiaux dont les adeptes répètent des chorégraphies complexes aux gestes millimétrés du lever du soleil jusqu'à la tombée de la nuit toujours avec calme et concentration.


Mais phénomène intéressant s'il en est, et contrairement à ce que l'on peut observer en Europe, pas ou peu d'amateurs de course à pieds. Les travées de ces vertes étendues sont généralement empruntées par des marcheurs plus ou moins lents qui se meuvent en avant mais pas seulement.

 

La marche en arrière a en effet de nombreux et fervents adeptes. Représentant le yin, cette pratique ancestrale chinoise permettrait de rebalancer l'équilibre d'un corps trop enclin à se déplacer vers l'avant. La marche à rebours développerait en outre la musculature des quadriceps, fesses tout en redressant le dos. Il n'est pas sûr qu'elle fasse école en France où la tentative d'introduction a tourné mat, l'hilarité des participants aura eu raison peut être un peu tôt de ce périlleux exercice inverse.


Car, attention, on ne se lance pas comme ça tête retournée, sens devant-derrière, sans repère ni échauffements: sinon gare aux carambolages, chutes et autres courbatures! L'apprentissage se fait doucement, petit à petit et dans l'idéal en duo, l'un en avant, l'autre en arrière pour recréer parfaitement ce yin et ce yang à l'équilibre. Il ne reste plus alors qu'à trouver votre rythme pour que ça marche: " et 1, 2 3" ou plutôt "et 3, 2, 1"... en arrière la musique!

 

Et vous? Quand vous y mettez-vous?

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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 09:38

Une douce et délicate fleur: celle de prunier, MeiHua 梅花

 

fleur de prunier DSC_0412

 

Une fleur pas comme les autres en Chine; tout simplement l'emblème de l'Empire du Milieu, représentée et imagée par peintres et poètes depuis plus de 1000 ans. Une fleur aux cinq pétales en corolle, symbole de l'homme, de l'équilibre, de la constance mais encore de la résistance à l'oppression du fait de sa floraison hivernale


 MeiHua 梅花, ou plutôt son équivalent cantonais Muifa, aura été l'objet d'une attention toute particulière en ce mois d'août, faisant la Une des journaux papier comme télévisés, ayant même droit à un encart dans le Monde daté du 4 Août. Pourquoi tant d'égards?


Le Muifa dont il était question n'a rien de délicat, au contraire. Il n'est pas seulement l'un des neuf typhons qui auront touché la Chine depuis le début de l'année, il était annoncé comme le plus menaçant que l'Empire du Milieu ait connu depuis 10 ans. Rien que cela!


Un tourbillon terrifiant, un oeil hypnotisant qui devait fondre sur les côtes chinoises durant la nuit du 6 août:

 

 

Prenant au sérieux la menace, les autorités chinoises prévenantes avaient déplacé près de 600 000 personnes, exhortant les habitants des régions touchées à rester chez eux et éviter tout comportement à risque.


Shanghai se situant sur la trajectoire, la municipalité et les consulats émirent des messages d'alerte relayés par forums et blogs, faisant se lever un vent de panique sur la Métropole avant même que Muifa ne fasse même frémir les platanes de la Concession Française.


La fin du Monde était proche. Stockez eau et vivres, munissez-vous de lampes torches, bougies et haches, fermez-scotchez fenêtres et portes, condamnez conduites de gaz et autres sources potentielles d'incendie étaient en substance les recommandations. A les écouter, il ne restait plus qu'à se calfeutrer dans une pièce en sous-sol avec autour du cou un DVT (Détection des Victimes de Typhon) et s'en remettre à nos dieux respectifs pour espérer s'en sortir vivant.

 

Exagération quand tu nous tiens.

 

Appliquant un raisonnable principe de précaution, j'évitais autant que faire se peut tout déplacement proche des côtes de même que les parcs et avenues bordées d'arbres, fermais toute les ouvertures de mon appartement et rachetais une bonbonne d'eau.


M'attendant à une déferlante de pluie, vent et grenouilles, je me postais à la fenêtre pour assister à ce qui se devait être le typhon du siècle. 


Je fus un tantinet déçue, je l'avoue, n'observant qu'une alternance de giboulées entre deux éclaircies qui ne perturba en rien le ballet de mes voisins tout à leurs tâches quotidiennes. Hormis quelques stores mal accrochés qui s'envolèrent sans aller bien loin et deux ou trois bouquets de feuilles qui jonchaient les trottoirs, Muifa ne se fit presque pas ressentir sur Shanghai, sauf peut-être dans les aéroports où près de 190 vols ont été annulés.


Plus à l'Est, dans la province du Zhejiang, les pluies et les vents violents ont tout de même provoqué des vagues impressionnantes, entraînant l'effondrement d'une centaine de maisons et détruisant au passage récoltes et produits aquatiques, heureusement sans faire de victimes.

 

 

Muifa, typhon au nom de fleur, sera donc presque passé comme telle. 

 

C'est à se demander si les typhons n'auraient pas du coeur. Car cette fâmeuse nuit du 6 août était aussi celle de la nuit du Septième mois du calendrier chinois, ou Qīxī 七夕 plus communément appelée Saint- Valentin Chinoise. Et cette année, à tous les valentins et valentines  et pas seulement, un typhon aura fait...une fleur.


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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 04:03

Cette fois-ci, élevons nous au-dessus des cimes, par delà les nuages, grimpons au sommet du mont Emei, une des quatre montagnes sacrées bouddhistes de Chine 四大佛教名山 Sìdà FójiàoMíngshān.


Située dans le Sichuan à deux heures en bus de Chengdu, Emeishan, 峨嵋山 a été consacrée à la fois comme lieu de pélerinage au 3e siècle avant JC et plus récemment, en 1996, comme patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Des distinctions qui lui valent une reconnaissance et une fréquentation qui ne fléchissent pas depuis près de 2000 ans.


Reste qu'il y a plusieurs manières de se mesurer et d'apprécier les 3099m de la montagneuse Emei, littéralement Beauté tout en hauteur. Deux options s'offrent aux intrépides voulant la défier: l'option pacifique et routière passant par la case car + téléphérique, l'option combative plus sportive qui consiste à gravir les quelques 30 000 marches menant vers le Pic d'Or, 66000 en comptant la descente.

 

IMG_9523.JPG


Devant le défi, la frisée n'a pas hésité: chaussée et motivée, elle s'est attaquée à ces méandres de pierre filant dans la forêt subtropicale sichuanaise, s'est enfoncée tête baissée dans les nuages pour progressivement les dépasser, lentement mais sûrement. 

 

 

 

Une balade magnifique au milieu d'arbres centenaires, de fougères, de criquets et de ruisseaux qui irriguent les nombreux monastères installés sur les flancs de la montagne. Des havres de paix et de spiritualité qui offrent l'hospitalité si besoin aux randonneurs fatigués.

 

D'autres autochtones d'un genre différent peuplent aussi les profondeurs de la forêt. De lointains cousins, beaucoup plus sauvages, un brin chapardeur et joueur: les singes sont une des attractions du mont Emei qui recèle une réserve nationale entièrement dédiée au mammifère.

 

Ainsi croisais-je à divers endroits, des guenons et leurs minuscules progénitures, des jeunes macaques rieurs, des mâles dominants placides grignotant cacahouètes et autres denrées jetées par les touristes:


IMG_9411-droite.jpeg

 

Mais il faut se méfier parfois du primate qui dort: certains plus agressifs transformèrent la tranquille grimpette, en une épopée IndianaJonesque. Barrant le chemin en montrant leurs canines acérées et tentant de faire main basse sur mon bambou de marche, il fallut, pour faire déguerpir les assaillants, que j'agite avec force et détermination ledit bâton, frappant le sol et leur jetant des pierres. Certains randonneurs furent d'une grande aide quand d'autres apeurés, criant et excitant les bêtes, les faisaient revenir de plus belle.


Une fois échappée de cette rocambolesque situation, je continuais mon ascension, gravissant à une allure soutenue cet escalier sans fin, quand soudain je fis face à Samantabhadra 普賢菩薩 Pǔxián púsà considéré comme le fils du Bouddha et à qui les 30 temples du mont Emei dédient leur culte:


IMG 9419 Droite

 

Une statue haute de 48m toute d'or vêtue symbole de la plénitude, de la perfection et de la sagesse, avec ses 10 visages et autant d'expressions qui regardent dans toutes les directions, voyant tout et étant vus de tous.


Mais j'étais moi-même loin d'avoir tout vu! Derrière cette étincelante représentation divine, se cachait une vision paradisiaque, un mirage d'ombres et de lumières, le fameux océan de nuages 云海 Yun Hai tel que l'appellent les chinois:

 

IMG_9433.JPG

  

De quoi donner quelques idées à des illuminés dont certains exaltés par le lieu l'ambiance et le vide ont tenté le grand et ultime saut et ce, malgré la présence le long de la crête à pic de nombreux panneaux rappelant l'amour de la vie et surtout peut-être le plus explicite disant de manière ô combien dissuasive:

 

"佛曰 : 可"

"Fo yue: bu ke"  

"Bouddha dit: Non"

 

Et on ne saurait contredire Bouddha dans sa grande sagesse. D'autant que sauter aurait été une bien belle erreur.

 

Car le lendemain en même temps que les premières lueurs du jour, lorsque le soleil pointant à l'horizon embrase le ciel, illuminant la mer de nuages étincelante de ses rayons rasants, l'évidence s'impose claire, limpide: vous avez d'ors et déjà atteint le Nirvana.

 

File:Sunrise over clouded sea on sumit of Eimei Shan.jpg

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